LA RODA et Nos pratiques

LA RODA

La principale caractéristique de la capoeira est la roda, elle en est la parfaite illustration. La roda (« ronde » en français) est la ronde que forment les capoeiristes lors des confrontations qui sont appelées « jeux ».

Elle met en scène tous les aspects de la capoeira : l’aspect martial avec ses combats et l’aspect artistique avec les « floreis » (acrobaties), les chants et les instruments typiques de la capoeira. Le jeu symbolise le combat, l’expression corporelle et la conversation non verbale entre les deux partenaires. Cette ronde, qui délimite l’espace de jeu, sert surtout à créer une ambiance propice au spectacle. En effet, cette roda crée, par ses chants et ses rythmes brésiliens, une ambiance festive et chaleureuse qui « donne de l’énergie » aux capoeiristes qui s’affrontent au centre du cercle.

Dans une roda typique, on retrouve principalement les instruments traditionnels de la musique brésilienne :

 

  • trois berimbau
  • deux pandeiro
  • un atabaque
  • un agogo.

La personne qui tient le berimbau gunga (qui produit le son le plus grave) contrôle la roda. C’est elle qui décide du rythme de la musique et donc du type de jeu que doivent produire les capoeiristes au centre de la roda, et c’est elle qui décide du début et de la fin de la roda.

Dans la Capoeira Angola, la composition la plus fréquente est :

 

  • trois berimbau
  • deux pandeiro
  • un atabaque
  • un reco-reco
  • un agogo.

Il existe deux styles bien distincts : Angola et Regional. La Capoeira Angola est la capoeira traditionnelle telle qu’elle fut nommée par Maître Pastinha qui souhaitait conserver les coutumes ancestrales qui y étaient associées en réponse à la création de la capoeira Regional par Maître Bimba qui, lui, souhaitait affranchir cet art de tout ce qui pouvait le rendre moins efficace en combat.

Le capoeiriste qui chante influe également sur le « jeu » (jogo) produit au centre de la roda. En effet, les chants qui accompagnent le rythme des instruments sont souvent porteurs de sens : ils racontent une histoire qui met en avant certaines valeurs ou simplement des caractéristiques de jeu qu’il faut essayer de reproduire dans la roda. Un bon capoeiriste doit savoir interpréter le rythme et les chants afin de produire un jeu qui corresponde, c’est-à-dire adapter sa vitesse et ses mouvements au rythme des instruments et mettre en pratique les valeurs ou caractéristiques de jeu dont il est question dans les chants. Par exemple un jeu plein de malice (mandinga), ou d’acrobaties, ou encore de mouvements d’animaux.

Le démarrage de la roda suit un rituel précis. Une fois la ronde formée, deux capoeiristes viennent s’accroupir au pied du berimbau central et patientent. C’est à ce moment que les instruments entrent en action dans un ordre bien précis : le berimbau central commence seul, ensuite les deux autres l’accompagnent, puis c’est au tour de l’atabaque, ensuite le pandeiro et enfin l’agogo. Quand tous les instruments sont en action, un capoeiriste commence à chanter : il chante seul les couplets et la ronde entière reprend les refrains en chœur. Et c’est uniquement lorsque la roda chante le premier refrain que les deux capoeiristes qui étaient en attente peuvent commencer à « jouer ». Ensuite, les autres capoeiristes peuvent prendre la place d’un des deux protagonistes en passant au préalable s’accroupir au pied du berimbau central.

Maculelê

Le Maculelê fait partie de la vie, de l’histoire de la  capoeira : c’est une danse pratiquée dans toutes les académies ou écoles de capoeira.

Ses origines remontent aux coupeurs de canne à  sucre qui s’entraînaient avec leurs machettes.

C’est une danse rythmée par l’atabaque. Les joueurs de maculelê forment une roda autour de l’atabaque. Ils font la ginga au rythme de l’instrument, et frappent entre eux deux bâtons, appelés grimas, qu’ils tiennent dans leurs mains, faits traditionnellement de bois de biriba.

A l’origine, les joueurs de maculelê utilisaient des machettes ou des sabres,  aujourd’hui remplacés par les bâtons pour plus de sécurité, bien que certains groupes jouent encore avec des machettes ou des sabres.

Samba de Roda

La Samba de Roda est une autre forme de danse pratiquée dans la capoeira, rythmée par le sons du berimbau, du pandeiro  et de l’atabaque.

Les capoeiristes forment une roda. La samba de roda n’est pas réglementée, mais libre. C’est un moyen pour les joueurs de s’extérioriser, de faire la fête entre eux. Pratiquée par tous les capoeiristes, elle nécessite un jeu de jambe rapide, demandant de nombreuses heures de pratique.

Puxada de rede

La « Puxada de rede » est une danse qui symbolise la pêche d’un poisson connu sur le nom de « xaréu ». Il s’agit du travail des pêcheurs noirs de Bahia c’est un mélange de poésies religieuses, de musique et de festivités. Touts les ans, la « Puxada de rede » est présentée avec les mêmes cérémonies, les mêmes rituels qu’au temps de sa création. Une tradition qui ne meurt jamais, puisque de celle-ci dépendent des milliers de familles.

Force, pouvoir et vitalité corporelle sont démontrés dans chaque bateau, dans le dur labeur de la pêche, aux rythmes des chants, parfois tristes, parfois gaies, qui évoquent des entités protectrices.

Ce rituel est réalisé au son de l’atabaque, par les corps qui dansent et se déplacent en synchronisation et en effectuant une tâche qui mélange du sacrifice, de la festivité et du plaisir.